Chers auditeurs, cher Charles : réception de Baudelaire à travers deux séries radiophoniques.
samedi 1er novembre 2008, par Mathilde Labbé
Charles Baudelaire n’a pas connu la radio, mais la radio le connaît, et ne l’oublie pas. A partir de deux cycles qui lui ont récemment été consacrés, nous souhaitons mettre en valeur des lectures qui se situent entre réception et diffusion, pour analyser deux phénomènes. Le premier est l’attractivité d’un texte poétique largement connu pour des émissions dont l’écoute est une pratique solitaire mais la diffusion, potentiellement très grande. Il s’agira ainsi de montrer quel compromis est trouvé entre un dispositif spectaculaire au public nombreux et une adresse à chaque auditeur dans l’intimité de l’écoute. Le second phénomène qui nous intéresse est celui de la réécriture puisque ces émissions, qui oscillent entre scénario et improvisation, entre récitation et dialogue, font la part belle à la musique de la langue.
Les deux séries sur lesquels nous appuierons cette analyse ont été diffusées en 2006 et en 2007. La première a été réalisée par Thomas Guillaud-Bataille, pour Arte Radio, une radio en ligne, et s’intitule « Cher Charles », série de 7 épisodes consacrés à des thèmes choisis et à la confrontation de la poésie baudelairienne avec un univers sonore moderne. La seconde a été produite par Raphaël Enthoven pour France Culture dans le cadre des « Nouveaux chemins de la connaissance ». Elle s’intitule « Baudelaire philosophe ? » et mêle à l’approche philosophique des clins d’œil et des moments de récitation pour le plaisir. Il s’agit donc dans les deux cas de faire sonner le texte en même temps qu’on teste ses limites et les limites de son interprétation, tout en s’autorisant