Du livre aux murs de la ville : métamorphoses méditatiques et circulation de la poésie dans le paysage urbain contemporain.
samedi 1er novembre 2008, par Anneliese Depoux
« Le mur tient lieu de page et s’insère dans un autre tissu aussi ordonné et stable que celui du cahier, celui de la ville. La littérature ne s’engendre pas seulement dans le monde de la littérature ». Michel Melot.
Le mode de « résidence » de la littérature le plus commun et le plus familier est le livre. Pourtant l’espace esthétique du littéraire dépasse le cadre strict de la page livresque. La littérature, et la poésie en particulier, se sont déployées dans le paysage urbain du XXe siècle, prenant place dans des « espaces de haute publicité » pour reprendre une formule de Marcel Détienne. Cette circulation permet la pérennisation du littéraire et constitue un acte éditorial à part entière qui pose, entre autres, la question du genre. Nous avons choisi d’interroger les frontières de l’espace poétique par la marge en nous arrêtant sur le phénomène de diffusion de la poésie dans le métro. A l’initiative de deux poètes, Francis Combe et Gérard Cartier, cette aventure littéraire a commencé en 1993 avec l’affichage de poèmes ou fragments de poésie dramatiques sur les quais et dans les rames.
La poésie plus que tout autre type de texte s’offre à la contemplation. Elle exhibe par sa forme sa poéticité. Si la présence de poèmes ne détone pas dans cet univers de signes, c’est que le texte poétique fait l’objet d’une retextualisation qui prend forme dans le dispositif de l’affiche ou plus précisément dans sa disposition, sa mise en scène sémiotique. Dès lors, comment l’espace littéraire se dessine-t-il et se circonscrit-t-il dans l’espace de saturation et de concurrence de l’écrit que représente le métro ?